Parcourant la blogosphere la bouche pleine, je découvre un article déjà plus tout neuf d'une gourmande sympathique qui nous explique qu'elle est une kitchen-plouc. Et le hasard étant ce qu'il est, je tombe quelques minutes plus tard sur le nouveau post de Mercotte qui teste son nouveau four. Et là, ma conviction est faite. Je suis un kitchen plouc corps et âme, malgré tout le snobisme que je peux mettre à montrer que moi aussi je sais faire des recettes tendances et citer des grands noms.
Je précise que je ne critique pas du tout l'approche de Mercotte et autres bloggueurs sur-compétents : j'adore son blog, ses recettes, et je rêve d'avoir un jour une cuisine comme la sienne ! (et de faire aussi bien les macarons. Et de maîtriser comme elle le chocolat. Et...)
Mais bon, rien à faire, on ne joue pas dans la même cour.

Alors, non, moi non plus, je n'ai pas tout le matériel génial et impressionnant que je découvre sur le net. J'ai eu l'impression d'être équipé comme un pro le jour où j'ai acheté un saladier en métal chez Ikea, que j'ai instantanément rebaptisé cul de poule pour faire comme le chef Simon. Je n'ai pas de robot à pétrin. Je n'ai pas de tumbler (bon, j'en avais un bien pratique, je l'ai échangé contre un robot multi-plein de trucs que je n'utilise jamais et qui me prend trop de place). J'ai juste un batteur qui a une extension pour faire robot plongeant : je l'appelle Sophie, parce que c'est une girafe. Je râpe à la main, ou avec une moulinette (que Mathusalem avait déjà acheté chez un antiquaire). Je n'ai pas de sorbetière, ni de yaourtière, ni de gauffrière, ni de machine à pain. Je n'ai même pas de plaque de pâtisserie (mais je reconnais que ça me manque). Je dois avoir 3 livres de cuisine (non pardon 5 avec mes 2 livres de cuisine japonaise, et même 6 si j'ajoute une revue de pâtisserie que j'ai acheté là-bas, mais comme je lis pas le japonais...).

Je ne lis aucune revue de cuisine. Je ne regarde aucune émission de cuisine. Le seul chef que je suive régulièrement, c'est Gagnaire, parce qu'il travaille avec This et que j'aime la gastronomie moléculaire (restes d'une courte formation en chimie).

Par contre, j'ai une cafetière. Mais attention, le modèle de base. A filtres. J'ai un grille pain, un four (à chaleur tournante et pyrolise, quand même, parce que bon, pour la pâtisserie c'est quand même nettement mieux), un micro-onde, un mini congélateur et un petit frigidaire. Et mon grand luxe dans mon nouvel appartement, c'est que j'ai une plaque de cuisson à gaz. Et ça c'est le bonheur. J'ai un chinois, une maryse depuis 2 semaines (avant, je savais même pas à quoi ça servait), un jeu de casseroles (5, mais 3 suffisent amplement), 2 poêles (une petite, c'est très pratique), deux cocottes-minutes (de récup toutes les 2, et la grande reste à la cave). Et deux galetières (enfin, une galetière et une crèpière), je peux pas travailler si je les ai pas en cuisine, je suis un fétichiste des crêpes. Et on m'a offert un cuiseur à riz, ça a changé ma vie (beaucoup plus que le micro-onde).

Ah si, je suis fier de mes couteaux, en particulier ceux que j'ai ramenés du Japon. Il faudra que je les prenne en photo un jour, surtout mon couteau à pâtes (mon plus grand luxe : je l'ai acheté mais il ne me sert à rien). Parce que des bons couteaux, ça change énormément de choses.

Et mon rêve, ça serait d'avoir une mandoline. Non, correction. Si j'ai le choix, je préfère avoir un marbre, pour pouvoir essayer la confiserie, avec une belle bassine en cuivre. Quand j'étais petit, je regardais travailler un confiseur artisanal tous les étés, et c'est resté un rêve de gosse.

En cuisine, j'aime les produits (même si je ne vais pas au marché, à part des fois en vacances). J'aime expérimenter. J'aime chercher de nouvelles associations, même si je suis loin d'être aussi talentueux que la majorité des blogueurs. Je part du principe que si les pros y arrivent, je dois pouvoir faire un truc ressemblant avec mes moyens à moi (parce que franchement, mais alors franchement, ben c'est pas souvent vrai. Faut quand même la formation et le matériel. Mais bon, tant que j'y croie, je progresse). Je suis exigeant avec moi-même, et je préfère travailler "à la main". Je me suis mis sérieusement à la cuisine le jour où j'ai fait mon premier fraisier. Tout s'est démythifié quand j'ai réalisé que je savais tout faire, j'avais juste besoin de beaucoup de temps (parce que je suis pas un pro, j'ai du mal à faire plusieurs choses en même temps) et de beaucoup d'organisation (une grande école de vie, pour moi qui suis bordélique au possible).

J'ai mordu à fond le jour où j'ai créé de A à Z ma première buche de Noël, qui rencontre un franc succès chaque fois que je la fais (je l'ai déclinée sous un format d'entremet plus classique), même si elle ne nécessite aucune expertise particulière, et aucun matériel (heu, si, un batteur, parce que monter des blancs au fouet, c'est fatiguant).

Tout ça pour dire qu'on peut faire des choses très bien sans avoir tout plein de super matériel. Je suis convaincu que ça aide beaucoup. Depuis une chronique de JP Géné sur le Thermomix, je veux bien croire qu'il y a des robots qui peuvent apporter un plus (même si j'investirais dans un Kitchen Aid avant). Mais bon, le top du top pour moi, ça sera le jour où je saurai monter des blancs en neige à la fourchette. J'ai déjà vu faire, et ça vaut tous les robots du monde...

Ah, j'oubliais : un jour, j'ai quand même acheté une spatule de pro chez Dehillerin. Une vraie. De pro. Une avec un manche en bois sombre et une lame en métal arrondie au bout. Une spatule ordinaire, quoi, mais de pro.

Bon, je sais pas pourquoi je raconte tout ça. J'ai fait ce blog pour partager mes expériences, pas entamer une thérapie. Ca doit être l'heure.




PS : ceci dit, si j'avais la place, un four double à vapeur comme celui de Mercotte, ça me tenterais bien quand même ;o) Kitchen plouc peut-être, mais pas au point de pas avoir un peu envie de bon matériel...